DISCOGRAPHIE

DISCOGRAPHIE


"Les premiers enregistrements de Straram, voilà des pièces de collection qui prouvent que la collaboration de la science et de l'art arrive à un stade décisif qui autorise tous les espoirs... " Émile Vuillermoz, Art et médecine, juillet 1931.

Compte tenu de la qualité de l'Orchestre Straram, la firme Columbia enregistra plusieurs disques entre 1929 et 1931 soit sous la direction de Walther Straram soit sous la direction de chefs invités tels qu'Ernest Ansermet, Philippe Gaubert ou de compositeurs dirigeant leurs propres œuvres comme Florent Schmitt ou Igor Stravinsky. Ces disques apparus au début de l'enregistrement électrique obtinrent un grand succès compte tenu de leur qualité artistique et technique à commencer par le Prélude à l'après-midi d'un faune de Debussy qui obtint en 1931 le Prix Candide [1], premier Grand Prix du disque. A noter, que ces disques proposent exclusivement un répertoire de musique moderne. On regrettera par ailleurs de ne pas disposer d'enregistrement sous la direction de Toscanini qui dirigea l'orchestre Straram 14 fois après la mort du maestro français, Toscanini qui dirigera également les concerts en hommage à Straram en mai 1934. On regrettera aussi le projet abandonné de Georges Truc, directeur de la firme Columbia d'enregistrer Pelléas et Mélisande de Debussy dans la production financée par Ganna Walska au TCE le 20 juin 1933 avec Henry Etcheverry (Golaud), Ganna Walska (Mélisande), Pierre Bernac (Pelléas), le jeune Claude Pascal dans le rôle d'Yniold.
Émile Vuillermoz, critique influent de l'époque, écrivait dans l'
Édition Musicale Vivante de septembre 1930 : "On sait que l'orchestre des Concerts Straram a remporté, dès son entrée au studio, des victoires éclatantes. Ses premiers disques ont pris place dans toutes les discothèques sérieuses. On y trouve, en effet, une qualité de timbre absolument supérieure et un relief qui n'a jamais été dépassé dans la gravure sur cire. On y trouve surtout une distinction de sonorités très caractéristique de notre esthétique orchestrale française." 

Si l'on s'en rapporte à la publicité des Machines Parlantes Thomson, Straram était attaché à la qualité technique des enregistrements : "Le Coffret électrique Thomson équipé avec haut parleur électro-dynamique conctruit par des techniciens réputés sous le contrôle artistique d'un comité musical dont font partie : MM. Gabriel Pierné, Reynaldo Hahn, Arthur Honegger, Maurice Ravel, D. E. Inghelbrecht, Dominique Sordet, Walther Straram, et Emile Vuillermoz. Offre un ensemble unique de garanties techniques et musicales et pour la première fois met à la portée de tous les amateurs le luxe jusqu'ici couteux de l'amplification électrique". Hélas, la firme Columbia, victime de la crise de 29 disparaîtra au début des années 1930.

Les enregistrements de l'Orchestre Straram ont fait l'objet d'une minutieuse reprise en deux CD's par Philippe Morin parus chez LYS / Dante en 2001. On y trouve l'essentiel : Debussy : Prélude a l'après-midi d'un faune / Florent Schmitt : La Tragédie de Salomé Op. 50 / Ravel : Daphnis et Chloé, Suite n° 2 / Roussel : Le Festin de L'Araignée / Ravel : Alborada del Gracioso / Richard Strauss : Le Bourgeois Gentilhomme Op. 60 / Jacques Ibert : Les Escales / Poulenc : Aubade (avec Francis Poulenc, piano). Hélas, il n'est plus très facile de se procurer ce précieux coffret à un prix raisonnable. On pourra touttefois se rapporter à des éditions étrangères accessibles par internet.

(Merci à Philippe Morin pour sa précieuse collaboration)

[1] Ce Prix Candide avait été créé par Dominique Sordet collaborateur de l'Action française. Il suggéra à Arthème Fayard, éditeur de Candide, l'idée d'un prix annuel du disque. Selon Piero Coppola, les directives du prix annuel du disque furent établies lors d'un déjeuner chez Weber, rue Royale, par M. Sordet lui-même, M. Bérard, alors directeur chez Columbia et lui-même. Ce Prix Candide décerné au meilleur disque d'orchestre de l'année était d'une valeur de 10.000 francs. Piero Coppola, chef d'orchestre et directeur pour la France de Voix de son Maître se souvient avec quelque amertume : "Notre Compagnie présenta les disques en question. Le jury se divisa en deux camps ; une partie opta pour mes disques, l'autre pour celui de L'Après-midi d'un faune, par l'orchestre Straram. Ce fut celui-ci qui l'emporta, et je dois rendre justice à l'excellence de la flûte de M. Moyse. Mais la critique phonographique polémisa (sic) contre l'arrêt, soutenant qu'au surplus le prix aurait dû être partagé entre M. Straram et moi, ce à quoi le jury ne voulut pas accéder, pour ne pas inaugurer le prix Candide avec des ex-æquo. Je fus le premier à féliciter M. Straram et me préparai à prendre ma revanche l'année d'après. En effet, mon enregistrement du Tombeau de Couperin de Ravel obtint le prix Candide d'orchestre symphonique l'année suivante.".

REMARQUES : 

Quelques enregistrements réalisés avec l'orchestre Straram se trouvent en intégralité sur You Tube

DEBUSSY : Prélude à l'après d'un faune  ou ici dans une édition "nettoyée" meilleure.

ROUSSEL  : Le Festin de l'Araignée

IBERT : Escales

POULENC : Aubade

STRAVINSKY : Capriccio 1/2 Capriccio 2/2 ; Symphonie de psaumes

SCHMITT : Tragédie de Salomé  avec une riche iconographie

D'autres ne sont pas libres de droits, notamment ceux réalisés sous la direction de Stravinski. Ils ont été réédités récemment en CD notamment dans l'Igor Stravinsky édition par Warner Classic en mars 2021. Dès lors, de brefs extraits sont offerts sur le site Muziekweb à ceux qui ne souhaitent pas acquérir l'intégrale : 

STRAVINSKY : Le Sacre du printemps (467-480), Symphonie de psaumes (481-483), Capriccio pour piano et orchestre (488-489) avec le compositeur au piano sous la direction d'Ernest Ansermet, des extraits de Pulcinella (494-497) ainsi que l'Histoire du soldat  (458-466) et l'Octuor (491-492) par les solistes de l'orchestre Straram (Marcel Darrieux, D. Boussagol, Émile Godeau, Gustave Dhérin, Eugène Foveau, Raphaël Delbos, Jean-Pierre Morel.

En juin 2010, le producteur de radio Philippe Morin a publié sur le site Musica et memoria la discographie (presque) complète parue en 78 tours du vivant de Straram.  On y trouve toutes précisions sur les dates et les références d'enregistrements avec de nombreux extraits sonores et une belle iconographie. Toutefois n'y figurent pas les enregistrements dirigés par Igor Stravinsky de la Suite 1911 de L'Oiseau de feu (1928), du Sacre du printemps (1929), de la suite de ballet de Pulcinella (1928-1932).

Vous trouverez dans la discographie téléchargeable les références des 78 tours ainsi que celles des rééditions en CD's.





Share by: